Sido; suivi de Les vrilles de la vigne by Colette

(5 User reviews)   794
Colette, 1873-1954 Colette, 1873-1954
French
Ever met a character so vibrantly alive you feel like you could reach out and touch them? That's Sido. Colette's 1929 novel isn't about grand battles, but the quiet, fierce war of a woman's spirit against the expectations that try to pin her down. Through the eyes of her son, we watch his mother—a force of nature in her own garden and home—live with a wild, untamed authenticity that both confounds and captivates everyone around her. It's paired with 'Les vrilles de la vigne' (The Tendrils of the Vine), a collection of early, shimmering sketches where Colette first flexes her muscles, writing about the natural world and a woman's place in it with a sensual, startling honesty. Together, they show a writer learning to claim her own powerful voice.
Share

Read "Sido; suivi de Les vrilles de la vigne by Colette" Online

This book is available in the public domain. Start reading the digital edition below.

START READING FULL BOOK
Instant Access    Mobile Friendly

Book Preview

A short preview of the book’s content is shown below to give you an idea of its style and themes.

l’estomac. Tu verras beaucoup, à Paris, ce modèle de femme-tronc. Ainsi parlait ma mère, quand j’étais moi-même, autrefois, une très jeune femme. Mais elle avait commencé, bien avant mon mariage, de donner le pas à la province sur Paris. Mon enfance avait retenu des sentences, excommunicatoires le plus souvent, qu’elle lançait avec une force d’accent singulière. Où prenait-elle leur autorité, leur suc, elle qui ne quittait pas, trois fois l’an, son département? D’où lui venait le don de définir, de pénétrer, et cette forme décrétale de l’observation? Ne l’eussé-je pas tenu d’elle, qu’elle m’eût donné, je crois, l’amour de la province, si par province on n’entend pas seulement un lieu, une région éloignés de la capitale, mais un esprit de caste, une pureté obligatoire des mœurs, l’orgueil d’habiter une demeure ancienne, honorée, close de partout, mais que l’on peut ouvrir à tout moment sur ses greniers aérés, son fenil empli, ses maîtres façonnés à l’usage et à la dignité de leur maison. En vraie provinciale, ma charmante mère, “Sido”, tenait souvent ses yeux de l'âme fixés sur Paris. Théâtres de Paris, modes, fêtes de Paris, ne lui étaient ni indifférents, ni étrangers. Tout au plus les aimait-elle d’une passion un peu agressive, rehaussée de coquetteries, bouderies, approches stratégiques et danses de guerre. Le peu qu’elle goûtait de Paris, tous les deux ans environ, l’approvisionnait pour le reste du temps. Elle revenait chez nous lourde de chocolat en barre, de denrées exotiques et d’étoffes en coupons, mais surtout de programmes de spectacles et d’essence à la violette, et elle commençait de nous peindre Paris dont tous les attraits étaient à sa mesure, puisqu’elle ne dédaignait rien. En une semaine elle avait visité la momie exhumée, le musée agrandi, le nouveau magasin, entendu le ténor et la conférence sur la _Musique birmane_. Elle rapportait un manteau modeste, des bas d’usage, des gants très chers. Surtout elle nous rapportait son regard gris voltigeant, son teint vermeil que la fatigue rougissait, elle revenait ailes battantes, inquiète de tout ce qui, privé d’elle, perdait la chaleur et le goût de vivre. Elle n’a jamais su qu’à chaque retour l’odeur de sa pelisse en ventre-de-gris, pénétrée d’un parfum châtain clair, féminin, chaste, éloigné des basses séductions axillaires, m'ôtait la parole et jusqu’à l’effusion. D’un geste, d’un regard elle reprenait tout. Quelle promptitude de main! Elle coupait des bolducs roses, déchaînait des comestibles coloniaux, repliait avec soin les papiers noirs goudronnés qui sentaient le calfatage. Elle parlait, appelait la chatte, observait à la dérobée mon père amaigri, touchait et flairait mes longues tresses pour s’assurer que j’avais brossé mes cheveux... Une fois qu’elle dénouait un cordon d’or sifflant, elle s’aperçut qu’au géranium prisonnier contre la vitre d’une des fenêtres, sous le rideau de tulle, un rameau pendait, rompu, vivant encore. La ficelle d’or à peine déroulée s’enroula vingt fois autour du rameau rebouté, étayé d’une petite éclisse de carton... Je frissonnai, et crus frémir de jalousie, alors qu’il s’agissait seulement d’une résonance poétique, éveillée par la magie du secours efficace scellé d’or... Il ne lui manquait, pour être une provinciale type, que l’esprit de dénigrement. Le sens critique, en elle, se dressait vigoureux, versatile, chaud et gai comme un jeune lézard. Elle happait au vol le trait marquant, la tare, signalait d’un éclair des beautés obscures, et traversait, lumineuse, des cœurs étroits. --Je suis rouge, n’est-ce pas? demandait-elle au sortir de quelque âme en forme de couloir. Elle était rouge en effet. Les pythonisses authentiques, ayant plongé au fond d’autrui, émergent à demi suffoquées. Une visite banale, parfois, la laissait cramoisie et sans force aux bras du...

This is a limited preview. Download the book to read the full content.

This volume gives you two brilliant glimpses into Colette's world. 'Sido' is a loving, clear-eyed portrait of the author's real-life mother, seen through the fictionalized eyes of her son. There's no traditional plot with twists and turns. Instead, we get intimate scenes—Sido in her garden, Sido defying small-town gossip, Sido loving her children and her land with a fierce, sometimes baffling, independence. The 'conflict' is the quiet tension between her untamed self and the rigid world she lives in.

Why You Should Read It

You should read this to feel a specific kind of freedom. Colette doesn't shout her themes; she lets you smell the earth in Sido's garden and feel the weight of a hot summer afternoon. Sido herself is unforgettable—not a perfect heroine, but a real, complicated woman who chooses her own path long before it was a slogan. Reading her feels like a quiet act of rebellion. The early pieces in 'Les vrilles de la vigne' are like watching a genius learn to walk; the observations are razor-sharp, full of a young woman's hunger for life.

Final Verdict

Perfect for anyone who loves character studies over fast-paced action, or for readers curious about the writers who paved the way for modern feminist voices. If you enjoy authors like Virginia Woolf or Annie Ernaux, who slice deep into the interior lives of women, you'll find a friend in Colette. This book is a slow, rich sip of coffee, not a shot of espresso—savor it.



🏛️ Copyright Status

This masterpiece is free from copyright limitations. Use this text in your own projects freely.

Charles Clark
5 months ago

After completing the first chapter, the balance between theory and practice is exceptionally well done. I’ll be referencing this again soon.

Deborah Robinson
4 months ago

Initially overlooked, this book it challenges the reader's perspective in the most intellectual way. This has earned a permanent place in my collection.

Andrew Campbell
4 months ago

After spending time with this material, the emotional weight of the story is balanced perfectly with moments of levity. This book will stay with me for a long time.

Lucas Thompson
2 months ago

For a digital edition, the interplay between the protagonists drives the story forward beautifully. Worth every second of your time.

Kevin Lopez
2 months ago

I didn’t think I would enjoy this, but it creates a vivid world that you simply do not want to leave. This was both informative and enjoyable.

4.5
4.5 out of 5 (5 User reviews )

Add a Review

Your Rating *
There are no comments for this eBook.
You must log in to post a comment.
Log in

Related eBooks